Étude du jeudi 10 août 2017

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EXCEPTIONNELLEMENT LA RÉUNION EST ANNULÉE
Les textes initialement prévus seront étudiés par chacun à la maison :

  • Étude d’un passage du Livre des Esprits : Livre II, ch. 1 Des Esprits – Questions 128 à 131 : Anges et démons.
  • Étude d’un passage de l’Évangile selon le spiritisme : Chapitre 2 MON ROYAUME N’EST PAS DE CE MONDE. – items 6 à 7 : Le point de vue (suite).
  • Étude d’un passage du Livre des médiums : Partie II – ch. 14 – DES MÉDIUMS. – n°177. Médiums pneumatographes.

LE LIVRE DES ESPRITS
Livre II, ch. 1 Des Esprits.
Anges et démons.
128. Les êtres que nous appelons anges, archanges, séraphins forment-ils une catégorie spéciale d’une nature différente des autres Esprits ?
« Non, ce sont les purs Esprits : ceux qui sont au plus haut degré de l’échelle et réunissent toutes les perfections. »
Le mot ange éveille généralement l’idée de la perfection morale ; cependant on l’applique souvent à tous les êtres bons et mauvais qui sont en dehors de l’humanité. On dit : le bon et le mauvais ange ; l’ange de lumière et l’ange des ténèbres ; dans ce cas, il est synonyme d’Esprit ou de génie. Nous le prenons ici dans sa bonne acception.

129. Les anges ont-ils parcouru tous les degrés ?
« Ils ont parcouru tous les degrés, mais comme nous l’avons dit : les uns ont accepté leur mission sans murmure et sont arrivés plus vite ; les autres ont mis un temps plus ou moins long pour arriver à la perfection. »

130. Si l’opinion qui admet des êtres créés parfaits et supérieurs à toutes les autres créatures est erronée, comment se fait-il qu’elle soit dans la tradition de presque tous les peuples ?
« Sache bien que ton monde n’est pas de toute éternité et que, longtemps avant qu’il existât, des Esprits avaient atteint le suprême degré ; les hommes alors ont pu croire qu’ils avaient toujours été de même. »

131. Y a-t-il des démons dans le sens attaché à ce mot ?
« S’il y avait des démons, ils seraient l’œuvre de Dieu, et Dieu serait-il juste et bon d’avoir fait des êtres éternellement voués au mal et malheureux ? S’il y a des démons, c’est dans ton monde inférieur et autres semblables qu’ils résident ; ce sont ces hommes hypocrites qui font d’un Dieu juste un Dieu méchant et vindicatif, et qui croient lui être agréables par les abominations qu’ils commettent en son nom. »

Le mot démon n’implique l’idée de mauvais Esprit que dans son acception moderne, car le mot grec daimôn d’où il est formé signifie génie, intelligence, et se disait des êtres incorporels, bons ou mauvais, sans distinction.
Les démons, selon l’acception vulgaire du mot, supposent des êtres essentiellement malfaisants ; ils seraient comme toutes choses, la création de Dieu ; or, Dieu, qui est souverainement juste et bon ne peut avoir créé des êtres préposés au mal par leur nature et condamnés pour l’éternité. S’ils n’étaient pas l’œuvre de Dieu, ils seraient donc comme lui de toute éternité, ou bien il y aurait plusieurs puissances souveraines.
La première condition de toute doctrine, c’est d’être logique ; or, celle des démons, dans le sens absolu, pèche par cette base essentielle. Que dans la croyance des peuples arriérés qui, ne connaissant pas les attributs de Dieu, admettent des divinités malfaisantes, on admette aussi des démons, cela se conçoit ; mais pour quiconque fait de la bonté de Dieu un attribut par excellence, il est illogique et contradictoire de supposer qu’il ait pu créer des êtres voués au mal et destinés à le faire à perpétuité, car c’est nier sa bonté. Les partisans des démons s’étayent des paroles du Christ ; ce n’est certes pas nous qui contesterons l’autorité de son enseignement que nous voudrions voir dans le cœur plus que dans la bouche des hommes ; mais est-on bien certain du sens qu’il attachait au mot démon ? Ne sait-on pas que la forme allégorique est un des cachets distinctifs de son langage, et tout ce que renferme l’Évangile doit-il être pris à la lettre ? Nous n’en voulons d’autre preuve que ce passage :
« Aussitôt après ces jours d’affliction, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel et les puissances du ciel seront ébranlées. Je vous dis en vérité que cette race ne passera point que toutes ces choses ne soient accomplies. » N’avons-nous pas vu la forme du texte biblique contredite par la science en ce qui touche la création et le mouvement de la terre ?
N’en peut-il être de même de certaines figures employées par le Christ qui devait parler selon les temps et les lieux ? Le Christ n’a pu dire sciemment une chose fausse ; si donc, dans ses paroles, il y a des choses qui paraissent choquer la raison, c’est que nous ne les comprenons pas, ou que nous les interprétons mal. Les hommes ont fait pour les démons ce qu’ils ont fait pour les anges ; de même qu’ils ont cru à des êtres parfaits de toute éternité, ils ont pris les Esprits inférieurs pour des êtres perpétuellement mauvais. Le mot démon doit donc s’entendre des Esprits impurs qui souvent ne valent pas mieux que ceux désignés sous ce nom, mais avec cette différence que leur état n’est que transitoire. Ce sont des Esprits imparfaits qui murmurent contre les épreuves qu’ils subissent, et qui, pour cela, les subissent plus longtemps, mais qui arriveront à leur tour quand ils en auront la volonté. On pourrait donc accepter le mot démon avec cette restriction ; mais comme on l’entend maintenant dans un sens exclusif, il pourrait induire en erreur en faisant croire à l’existence d’êtres spéciaux créés pour le mal.
A l’égard de Satan, c’est évidemment la personnification du mal sous une forme allégorique, car on ne saurait admettre un être mauvais luttant de puissance à puissance avec la Divinité, et dont la seule préoccupation serait de contrecarrer ses desseins. Comme il faut à l’homme des figures et des images pour frapper son imagination, il a peint les êtres incorporels sous une forme matérielle avec des attributs rappelant leurs qualités ou leurs défauts. C’est ainsi que les anciens, voulant personnifier le Temps, l’ont peint sous la figure d’un vieillard avec une faux et un sablier ; une figure de jeune homme eut été un contre-sens ; il en est de même des allégories de la Fortune, de la Vérité, etc.. Les modernes ont représenté les anges, ou purs Esprits, sous une figure radieuse, avec des ailes blanches, emblème de la pureté ; Satan, avec des cornes, des griffes et les attributs de la bestialité, emblèmes des basses passions. Le vulgaire, qui prend les choses à la lettre, a vu dans ces emblèmes un individu réel, comme jadis il avait vu Saturne dans l’allégorie du Temps.

L’ÉVANGILE SELON LE SPIRITISME
Chapitre II, MON ROYAUME N’EST PAS DE CE MONDE.
Le point de vue (suite).
6. Si tout le monde pensait de la sorte, dira-t-on, nul ne s’occupant plus des choses de la terre, tout y péricliterait. Non ; l’homme cherche instinctivement son bien-être, et, même avec la certitude de n’être que pour peu de temps à une place, encore veut-il y être le mieux ou le moins mal possible ; il n’est personne qui, trouvant une épine sous sa main, ne l’ôte pour ne pas se piquer. Or, la recherche du bien-être force l’homme à améliorer toutes choses, poussé qu’il est par l’instinct du progrès et de la conservation, qui est dans les lois de la nature. Il travaille donc par besoin, par goût et par devoir, et en cela il accomplit les vues de la Providence qui l’a placé sur la terre à cette fin. Seulement celui qui considère l’avenir n’attache au présent qu’une importance relative, et se console aisément de ses échecs en pensant à la destinée qui l’attend.

Dieu ne condamne donc point les jouissances terrestres, mais l’abus de ces jouissances au préjudice des choses de l’âme ; c’est contre cet abus que sont prémunis ceux qui s’appliquent cette parole de Jésus : Mon royaume n’est pas de ce monde.

Celui qui s’identifie avec la vie future est semblable à un homme riche qui perd une petite somme sans s’en émouvoir ; celui qui concentre ses pensées sur la vie terrestre est comme un homme pauvre qui perd tout ce qu’il possède et se désespère.

7. Le spiritisme élargit la pensée et lui ouvre de nouveaux horizons ; au lieu de cette vue étroite et mesquine qui la concentre sur la vie présente, qui fait de l’instant qu’on passe sur la terre l’unique et fragile pivot de l’avenir éternel, il montre que cette vie n’est qu’un anneau dans l’ensemble harmonieux et grandiose de l’œuvre du Créateur ; il montre la solidarité qui relie toutes les existences du même être, tous les êtres d’un même monde et les êtres de tous les mondes ; il donne ainsi une base et une raison d’être à la fraternité universelle, tandis que la doctrine de la création de l’âme au moment de la naissance de chaque corps, rend tous les êtres étrangers les uns aux autres. Cette solidarité des parties d’un même tout explique ce qui est inexplicable, si l’on ne considère qu’un seul point. C’est cet ensemble qu’au temps du Christ les hommes n’auraient pu comprendre, c’est pourquoi il en a réservé la connaissance à d’autres temps.

LE LIVRE DES MÉDIUMS
Partie II, ch. 14 – DES MÉDIUMS.
Médiums pneumatographes.
177. On donne ce nom aux médiums aptes à obtenir l’écriture directe, ce qui n’est pas donné à tous les médiums écrivains. Cette faculté est jusqu’à présent assez rare ; elle se développe probablement par l’exercice ; mais, comme nous l’avons dit, son utilité pratique se borne à une constatation patente de l’intervention d’une puissance occulte dans les manifestations. L’expérience seule peut faire connaître si on la possède ; on peut donc essayer et d’ailleurs on peut le demander à un Esprit protecteur par les autres moyens de communication. Selon le plus ou le moins de puissance du médium, on obtient de simples traits, des signes, des lettres, des mots, des phrases et même des pages entières. Il suffit ordinairement de poser une feuille de papier pliée dans un endroit quelconque ou désigné par l’Esprit, pendant dix minutes ou un quart d’heure, quelquefois plus. La prière et le recueillement sont des conditions essentielles ; c’est pourquoi on peut regarder comme impossible de rien obtenir dans une réunion de personnes peu sérieuses, ou qui ne seraient pas animées de sentiments sympathiques et bienveillants. (Voir la théorie de l’écriture directe, chapitre VIII, Laboratoire du monde invisible (n° 127 et suivants), et chapitre XII, Pneumatographie.)

Nous traiterons d’une manière spéciale des médiums écrivains dans les chapitres suivants.